Appel urgent pour Mme Ummahan Ayhan et ses 3 enfants !

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Ummahan Ayhan, une ressortissante turque, et ses trois enfants sont actuellement retenus à l’aéroport d’Orly et risquent d’être renvoyés en Grèce puis en Turquie, où cette enseignante a été condamnée à une peine de 6 ans de prison pour des raisons politiques.

Née le 13 janvier 1977 à Eskisehir, Mme Ayhan est une professeure de géographie qui a été radiée de la fonction publique turque le 23 juillet 2016. Le 7 juin 2017, elle a été placée en garde à vue pour appartenance à un « groupe terroriste armé ».

Les autorités lui reprochent de faire partie de « FETÖ », nom donné au Hizmet, un mouvement civil d’inspiration religieuse lancé par Fethullah Gülen, que le pouvoir accuse d’être à l’origine de la tentative de coup d’Etat du 15 juillet 2016.

Le 21 mars 2018, elle a finalement été condamnée à une peine de 7 ans et 6 mois d’emprisonnement ramenée à 6 ans et 3 mois pour bonne conduite ainsi qu’à une interdiction des droits civiques, civils et de la famille pour appartenance à cette organisation, qualifiée par le jugement de « tâcheron des puissances mondiales ».

A l’appui de leur verdict, les juges de la 22e Cour d’assises d’Ankara ont estimé que constituaient des preuves les faits pour Mme Ayhan :

  • d’avoir travaillé de 1999 à 2007 en tant que professeure dans des établissements éducatifs liés au Hizmet,
  • d’avoir possédé un compte à la Bank Asya, fondée par des membres du Hizmet,
  • d’avoir téléchargé et utilisé du 2 septembre 2014 au 8 juillet 2015 une application de messagerie dénommée ByLock, considérée en soi comme une preuve d’appartenance à un groupe terroriste, sans qu’il y ait besoin d’examiner le contenu des messages envoyés (la liste des utilisateurs a été envoyée à la justice par les services de renseignements, le MIT).

Bénéficiant d’un contrôle judiciaire, Mme Ayhan a décidé de rejoindre son époux qui se trouvait en exil à Paris. Après avoir réussi à traverser le fleuve Evros, devenu un cimetière pour des centaines de migrants turcs, et à prendre l’avion de la Grèce à destination de la France, elle a été arrêtée à l’aéroport d’Orly. Depuis le 27 août, Mme Ayhan et ses trois enfants y sont en rétention.

Elle a voulu déposer une demande d’asile mais sa demande d’entrée sur le territoire a été rejetée le 30 août au soir. Madame AYHAN a introduit une requête devant le tribunal administratif de Paris mais celle-ci a été rejetée le 3 septembre, après une audience de référé, avec pour seule motivation ce bout de phrase : « vu les pièces du dossier… » !

Le 5 septembre, la police des frontières a notifié à Madame AYHAN son refoulement à destination de la Grèce le même jour mais cette décision n’a pas été pour l’heure appliquée.

Ayant enfin cru fuir le cauchemar et la répression qui s’est abattue sur les gülenistes en Turquie (120 000 radiations, 50 000 arrestations), Mme Ayhan n’a pas su expliquer correctement sa situation à Paris. Elle était sous le choc et ne maîtrisait pas la langue française. Cette dame qui a pris le risque de traverser le fleuve Evros avec ses trois enfants ne pensait pas une seconde que la France l’empêcherait de retrouver son époux, en situation tout à fait régulière à Paris !

Désormais, le risque est grand. Si elle est renvoyée en Grèce, il y a grande chance qu’elle se retrouve en Turquie où la prison et la séparation d’avec ses enfants l’attendent ! Rappelons que même les gülenistes qui ne sont pas (encore) arrêtés, sont privés de revenus, de chômage, d’aide sociale et de passeports.

Il est donc urgent d’agir pour ne pas renvoyer cette personne et ses enfants à la prison ou à une mort sociale assurée !

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